En cette Journée mondiale de l’eau, l’Union pour la Méditerranée (UpM) apporte une réponse décisive : l’adoption par ses 43 États membres de trois cadres stratégiques définissant une orientation commune pour l’eau, l’énergie, l’alimentation, les écosystèmes, la finance et la transformation numérique à l’horizon 2030. « L’eau n’est pas une question sectorielle. Elle est le fondement de la vie, du développement et de la paix. L’adoption de ces trois stratégies témoigne du fait que, malgré la complexité de notre contexte géopolitique, la communauté méditerranéenne est capable d’ambition collective et d’action coordonnée. Les défis sont urgents et seule une coopération régionale soutenue nous permettra d’y répondre efficacement », a déclaré Nasser Kamel, Secrétaire général de l’UpM.
L’agriculture représente la plus grande part de la consommation d’eau douce dans la région, soit entre 60 et 70 % des prélèvements totaux. Les services d’eau potable et d’assainissement consacrent jusqu’à un tiers de leur budget de fonctionnement à l’énergie, alors même que les systèmes énergétiques dépendent fortement de l’eau pour le refroidissement, l’hydroélectricité et la production d’hydrogène. Ces interdépendances entre l’eau, l’énergie, l’alimentation et les écosystèmes ont trop longtemps été traitées isolément, chaque secteur privilégiant ses propres intérêts et créant involontairement des risques pour les autres. La triple crise du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de la pollution accélère ces phénomènes, frappant de plein fouet les communautés déjà marginalisées : ménages ruraux, populations vivant dans des quartiers informels et populations touchées par les conflits.
L’adoption de ces stratégies représente l’avancée la plus significative en matière de gouvernance de l’eau euro-méditerranéenne depuis la première réunion ministérielle de l’UpM sur l’eau. Chaque stratégie aborde une dimension de la crise qu’aucun pays ne peut résoudre seul :
Stratégie du Nexus Eau-Énergie-Alimentation-Écosystèmes dans le continuum source-mer méditerranéen : élaborée conjointement avec le PNUE/PAM, le GWP-Med (Partenariat mondial pour l’eau – Méditerranée), PRIMA (Partenariat pour la recherche et l’innovation dans la région méditerranéenne) et le projet européen WES-BCA, cette stratégie fournit un cadre régional pour une gouvernance intégrée du Nexus Eau-Énergie-Alimentation. Ce document aborde la question des demandes concurrentes en eau dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des villes et des écosystèmes, en veillant à ce que les mesures de sécurité alimentaire et énergétique protègent les rivières, les aquifères et les zones côtières, et en traduisant cette approche intégrée en politiques et investissements concrets.
Recommandations de l’UpM sur le financement de l’eau : Élaborées dans le cadre du Groupe de travail de l’UpM sur le financement et l’investissement dans le secteur de l’eau et s’appuyant sur les Conférences annuelles de l’UpM sur le financement de l’eau, ces recommandations s’attaquent au sous-financement chronique des services d’eau méditerranéens. Elles offrent aux gouvernements, aux régulateurs, aux financiers et aux opérateurs une feuille de route pratique pour assurer la viabilité financière des services d’eau tout en préservant l’accès à l’eau pour les ménages à faibles revenus et les communautés mal desservies.
Cadre stratégique pour la transformation numérique du secteur de l’eau : Fondé sur des études de cas nationales et des initiatives internationales, ce cadre guide les pays méditerranéens dans la numérisation de leurs systèmes d’eau afin de lutter contre la pénurie d’eau, de réduire les pertes et de moderniser les infrastructures vieillissantes. Il encourage l’utilisation de compteurs intelligents, de capteurs, de plateformes de données et d’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité et la qualité du service, avec des modalités de mise en œuvre adaptées à l’ensemble des contextes nationaux de la région.
Aucun pays méditerranéen ne peut gérer seul les aquifères, les bassins fluviaux ou les écosystèmes côtiers partagés. Le manque d’investissement dans des infrastructures résilientes face au changement climatique a des répercussions importantes sur les chaînes d’approvisionnement, les flux migratoires et la stabilité régionale. Les mécanismes qui soutiennent le Programme Eau de l’UpM – la Plateforme régionale sur l’eau, les conférences annuelles sur le financement et l’investissement dans le secteur de l’eau, les groupes de travail techniques – constituent le cadre de cet effort collectif.
Dans toute la région, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement s’améliore, les solutions fondées sur la nature gagnent du terrain et les financements mixtes mobilisent de nouveaux capitaux. Cependant, les progrès vers l’Objectif de développement durable n° 6 relatif à l’accès universel à l’eau et à l’assainissement restent inégaux.
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