Justice dans les champs et dans nos assiettes: Placer les droits des femmes au cœur de la transformation des systèmes alimentaires

Mars 17, 2026
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L’Union pour la Méditerranée (UpM) et le CIHEAM ont coorganisé un webinaire en ligne intitulé « Justice dans les champs et dans nos assiettes. Les droits des femmes comme moteur de la transition vers des systèmes alimentaires durables », dans le cadre de la Plateforme SFS-MED.

Organisée dans le contexte de l’Année internationale de la femme agricultrice 2026 et à l’approche de la Journée internationale des femmes, placée cette année sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », la discussion a réuni environ 100 acteurs de la région méditerranéenne afin de réfléchir à une question de plus en plus centrale dans les débats sur les systèmes alimentaires : comment l’accès des femmes à la justice dans les contextes ruraux et agroalimentaires peut-il devenir un véritable moteur de systèmes alimentaires plus justes, plus résilients et plus durables ?

Lors de la session d’ouverture, la secrétaire générale adjointe de l’UpM pour le développement humain Petra Kežman a replacé la discussion dans une perspective géopolitique plus large et sous l’angle de l’État de droit, soulignant que la promotion des droits des femmes est essentielle pour des sociétés résilientes et stables. « La justice pour les femmes dans les systèmes agroalimentaires n’est pas seulement une question sectorielle. Elle concerne la gouvernance sociale dans son ensemble et la stabilité. Il s’agit de savoir qui a voix au chapitre, qui a accès aux ressources et qui façonne l’avenir de notre région. » Elle a également mis en évidence l’écart entre législation et mise en œuvre et appelé à transformer les engagements en actions concrètes et responsables.

En présentant le contexte politique, Elisenda Estruch, spécialiste de l’économie rurale à l’Organisation internationale du Travail (OIT), a souligné que les écarts entre les sexes en matière de protection juridique, de conditions de travail et d’accès aux ressources productives affectent directement la sécurité alimentaire, les résultats nutritionnels et la résilience des zones rurales. Dans une région confrontée au stress climatique et à la fragilité des moyens de subsistance, l’inégalité d’accès à la terre, au travail décent et à la protection sociale ne compromet pas seulement les droits des femmes : elle affaiblit la capacité d’adaptation des systèmes agroalimentaires dans leur ensemble.

Les interventions du panel ont examiné les lacunes en matière de justice dans les domaines du foncier, du travail, du financement et des cadres de gouvernance. Un constat commun s’est dégagé : l’accès à la justice dans les systèmes agroalimentaires dépasse le cadre des tribunaux. Il englobe l’administration foncière, l’inspection du travail, la gouvernance coopérative, la régulation financière et la redevabilité des politiques alimentaires. Les réformes juridiques seules ne suffisent pas sans applicabilité, capacités institutionnelles et protection contre les représailles.

Dans une réflexion collective finale liée à l’Année internationale de la femme agricultrice 2026, les intervenants ont souligné l’importance d’ériger l’accès à la justice en pilier mesurable des stratégies nationales et régionales des systèmes alimentaires. Sophia Ngugi, responsable des questions de genre à la FAO, a présenté les priorités clés de cette année internationale, notamment le renforcement de la sécurité foncière, l’intégration de mécanismes de justice du travail sensibles au genre, l’élargissement des services d’autonomisation juridique et l’intégration d’indicateurs de redevabilité dans les cadres de gouvernance agroalimentaire.

Le webinaire a directement contribué à la mise en œuvre du mandat issu du Dialogue régional des parties prenantes et formation de l’UpM sur l’autonomisation des femmes entrepreneures dans le secteur agroalimentaire de la région MENA grâce à l’innovation sociale et technologique, organisé au Caire en octobre 2025. Cet événement a abouti à la Déclaration conjointe UpM-CIHEAM et engagement en faveur d’un agenda régional pour l’innovation au service des femmes entrepreneures dans la chaîne de valeur agroalimentaire de la région euro-méditerranéenne, en tant qu’engagement régional visant à promouvoir des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires plus inclusives, durables et résilientes.

En inscrivant l’accès à la justice dans l’agenda régional plus large, les discussions du webinaire ont renforcé la nécessité de traduire les engagements politiques en réformes opérationnelles. À cet égard, l’Année internationale de la femme agricultrice 2026 a été présentée non comme une étape symbolique, mais comme un catalyseur pour le plaidoyer et la mise en œuvre mesurable dans les systèmes agroalimentaires méditerranéens, afin de garantir que l’autonomisation économique des femmes soit soutenue par la sécurité juridique, la responsabilité institutionnelle et des voies de recours effectives.

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