Pacte pour la Méditerranée

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Le Pacte pour la Méditerranée a été officiellement adopté par la Commission en octobre 2025. Il vise à renforcer la coopération et les liens économiques entre les deux rives de la mer Méditerranée et au-delà, contribuant ainsi à la construction d’un espace méditerranéen commun, connecté, prospère, résilient et sûr.

Le Pacte repose sur les principes de co-appropriation, de co-création et de responsabilité partagée. Il adopte une approche pragmatique, axée sur des initiatives concrètes apportant une valeur ajoutée réelle aux populations et aux économies de toute la région. L’objectif est de générer des bénéfices mutuels, allant de la production d’énergie propre à la mobilisation des investissements privés. Cela passera par le déploiement de projets régionaux créant des opportunités pour les citoyens et les entreprises, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux petites entreprises.

Le Pacte offre également une opportunité de renforcer la coopération en matière de sécurité, de préparation et de gestion des migrations. Des domaines d’intérêt commun tels que la sécurité maritime, la résilience des infrastructures critiques et la lutte contre les ingérences étrangères figurent parmi les priorités pour promouvoir la paix et la sécurité régionales.

Le Pacte s’articule autour de trois piliers

  1. Les personnes comme moteur du changement, des connexions et de l’innovation :
    Ce pilier comprend des actions liées à la promotion de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle, des compétences et de l’emploi, ainsi que l’autonomisation des jeunes et de la société civile, la mobilité, la culture, le tourisme et le sport, avec un fort accent sur la jeunesse. Une Université méditerranéenne sera un projet phare, reliant les étudiants de toutes les rives. Les systèmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels seront renforcés, tandis qu’un mécanisme dédié au patrimoine soutiendra la culture, les artistes et un tourisme durable.
  2. Des économies plus fortes, durables et intégrées :
    Ce pilier porte sur la modernisation des relations commerciales et d’investissement, le développement des énergies et technologies propres, la résilience hydrique, l’économie bleue et l’agriculture, ainsi que la connectivité numérique et des transports et la création d’emplois. Parmi les projets phares figurent l’initiative T-MED (énergies renouvelables et technologies propres) et StartUp4Med. Il inclut également l’intégration des chaînes d’approvisionnement, notamment dans les secteurs de la santé et de l’agriculture, ainsi que le développement d’infrastructures numériques sûres et fiables et d’une économie bleue durable dans le bassin méditerranéen.
  3. Sécurité, préparation et gestion des migrations :
    Ce pilier couvre les actions visant à relever les défis sécuritaires communs, à renforcer la préparation régionale et à adopter une approche globale de la migration. Les initiatives prioritaires incluent la préparation et la résilience face aux catastrophes, une approche globale des routes migratoires, ainsi qu’une gestion intégrée des frontières incluant des partenariats opérationnels pour lutter contre le trafic de migrants. Un forum régional sur la paix et la sécurité réunissant l’UE et les pays du sud de la Méditerranée sera également mis en place.

Le Pacte est également ouvert à la coopération avec des partenaires au-delà du sud de la Méditerranée, notamment les pays du Golfe, l’Afrique subsaharienne, les Balkans occidentaux et la Turquie. Le renforcement des liens entre l’Union européenne, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Golfe constitue un objectif clé.

Prochaines étapes 

Le Pacte devrait être approuvé politiquement par l’Union européenne et ses partenaires du sud de la Méditerranée en novembre 2025, à l’occasion du 30ᵉ anniversaire du processus de Barcelone. Les initiatives seront traduites en un plan d’action dédié précisant les pays et parties prenantes impliqués. Une première version est prévue pour le premier trimestre 2026, avec la possibilité d’y ajouter de nouvelles initiatives au fil du temps. Les organisations régionales, la société civile et les organisations de jeunesse seront invitées à contribuer à sa mise en œuvre.

Contexte 

Le Pacte résulte d’un processus de consultation large et inclusif ayant mobilisé de nombreux acteurs, dont les partenaires du sud de la Méditerranée, les États membres et institutions de l’UE, les pays voisins, ainsi que des représentants de la société civile, du secteur privé, du monde académique, des think tanks et des organisations culturelles et économiques. Il s’inscrit dans la continuité du processus de Barcelone lancé en 1995 et de l’Agenda pour la Méditerranée de 2021, avec l’ambition de renforcer la coopération de manière plus coordonnée, avec une gouvernance renforcée et des actions concrètes fondées sur la co-responsabilité.